POUR MIEUX APPRÉHENDER LA RÉALITÉ DE L'ÉPARGNE L’Abef compte un observatoire national

La communauté bancaire algérienne, à travers l'Association des banques et établissements financiers (&Abef&), compte créer un observatoire national de l’épargne. C’est ce qu’a annoncé hier le président de l’&Abef&, &Boualem Djebbar& à l’ouverture d’une conférence sur l’épargne organisée au niveau du nouveau siège de la Cnep-Banque à Chéréga, inauguré par le ministre des Finances.




    Jeudi le 2 novembre 2017

    La communauté bancaire algérienne, à travers l'Association des banques et établissements financiers (Abef), compte créer un observatoire national de l’épargne. C’est ce qu’a annoncé hier le président de l’Abef, Boualem Djebbar, à l’ouverture d’une conférence sur l’épargne organisée au niveau du nouveau siège de la Cnep-Banque à Chéréga, inauguré par le ministre des Finances. M. Djebbar a précisé, en marge de la conférence, que face à la baisse des ressources, le développement de l’épargne “reste une préoccupation permanente des banques”. En plus des efforts déjà déployés en matière de diversification de produits d’épargne et de modernisation de moyens de paiement pour permettre un meilleure inclusion financière, la communauté bancaire algérienne a décidé de créer un observatoire national de l’épargne.
    Cet observatoire contribuera, à travers des études, de mieux connaître le marché et le comportement des différents intervenants. Ce qui permettra d’adapter les outils pour une meilleure collecte de l’épargne. Intervenant à l’ouverture de la rencontre, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, a rappelé les mesures qui ont été prises pour promouvoir l’inclusion financière.
    Il cite le droit au compte instauré en 2010 par une disposition insérée dans la nouvelle loi bancaire. Ce dispositif, qui a été mis en œuvre par la Banque d’Algérie en 2012, prévoit également la gratuité d’un certain nombre d’opérations. En matière d’accès au crédit, la Banque d’Algérie a instruit les banques, en janvier 2013, de veiller au respect des délais de traitement des demandes de crédit introduites par les clients. Ces délais ne doivent pas excéder quinze jours pour les ménages et 45 jours pour les petites et moyennes entreprises. Selon Loukal, les efforts entrepris au cours des récentes années en matière d’impulsion de l’inclusion financière ont permis d’obtenir de premiers résultats encourageants.
    Le niveau de pénétration, exprimé par le nombre de comptes ouverts rapporté à la population de plus de 16 ans, est en hausse. “Nous étions sur un rapport de 1,26 en 2016 contre
    1,06 en 2010”, a-t-il précisé. Le gouverneur de la Banque d’Algérie a évoqué aussi l’augmentation du nombre de guichets de banque et CCP qui a atteint 5 231 guichets en 2016, faisant, par ailleurs, référence à l’idée “d’une banque postale”. Le total des dépôts collectés par les banques, les CCP et le Trésor comparativement au produit intérieur brut (PIB) s’est stabilisé autour de 9 100 milliards de dinars en 2014 et en 2016. Le professeur Raouf Boucekkine estime que l’Algérie se trouve “dans une phase où les ressources d’épargne doivent être stimulées”. Il plaide pour l’augmentation des incitations à épargner et faire un peu d’innovation. Il suggère d’augmenter les taux de rémunération de l’épargne, estimant que les taux d’intérêt réels négatifs sont rédhibitoires pour l’épargne.
    Le professeur Boucekkine propose, par ailleurs, d’accentuer la démonétisation, en généralisant l’obligation des transactions d’un certain montant par chèque. Le délégué général de l’Abef, Rachid Belaïd, a relevé une tendance baissière des montants d’épargne collectés sur les cinq dernières années. Ce responsable explique cette baisse, en partie, par l’orientation des dépenses des ménages vers le logement. Un responsable de la Cnep a révélé que les excédents bruts de l’épargne sont passés de 80 milliards de dinars en 2010 à 17 milliards de dinars à septembre 2017.